Ilebo

Données géographiques

Le territoire d’Ilebo est une entité déconcentrée de la nouvelle Province du Kasaï, dont le Chef-lieu est Tshikapa ; située au Sud-Ouest de la République Démocratique du Congo. Le territoire d’Ilebo tire ses origines des ordonnances du 28 Septembre 1913 et du 30 Septembre 1919 du Gouverneur Général du Congo-Belge par lesquelles il se trouve créé avec son chef-lieu à Basongo.

Ces actes juridiques sont appuyés par nombreux autres sur la délimitation et l’organisation territoriale de districts du Kasaï. Après avoir été érigé en un petit centre extra-coutumier, il devient territoire de  Port « Francqui » en 1945 et son transfert effectif eu lieu en 1950, en raison du développement rapide des échanges par voies fluviales et ferroviaires entre Léopoldville et Elisabethville, et de la poussée démographique. Baptisé authentiquement: « Ilebo », en 1972, sous régime de Mobutu, le territoire n’a jamais connu de modification de limites.

Il a ses limites naturelles:

Au Nord et à l’Est depuis le confluent des rivières Kasaï-Loange jusqu’au confluent des rivières Kasaï-Sankuru ; de la rivière Sankuru jusqu’au confluent de la Ndongo ; de cette rivière jusqu’ à sa source et de cette source à celle de la rivière Obomalosh ; et de Obomalosh jusqu’à son confluent avec la Lutshuadi ; de la Lutshuadi en amont, jusqu’à son confluent avec la rivière Tshibiri ; de cette dernière jusqu’à sa source ; de cette source à celle de la rivière Ntshianyi ; de cette rivière jusqu’à son confluent avec la rivière Kasaï ; du Kasaï vers l’Amont, jusqu’à l’embouchure de la Lulua en limite avec le territoire de Luebo.

  • Au Sud le territoire de Kamonia ;
  • A l’Ouest les territoires de Gungu et Idiofa en passant par la rivière Loange.

Il est subdivisé en cinq entités, dont quatre secteurs et la Cité ou la Commune rurale d’Ilebo, siège de institutions territoriales.

Coordonnées géographiques

Longitude : 20°01′ et 20°36′ Est ; Latitude : 4°15′ et 4°24′ Sud ; Altitude: 540 m au niveau de la mer

 Climat, Température et Saison

Le territoire d’Ilebo est caractérisé par un climat tropical humide, arrosé et à tendance équatoriale. La température moyenne mensuelle de l’air y est comprise entre 22°C et 34°C. Les moyennes mensuelles de températures maxima journalières sont comprises entre 28°C à 30°C. Les moyennes mensuelles des températures minima journalières sont comprises entre 22°C et 24°C.

La lame moyenne annuelle de précipitations est évaluée entre 1400 mm et 1800 mm et repartie sur neuf mois de pluies, avec une humidité relative de 86%. Il jouit de deux saisons: la saison pluvieuse ou humide et la saison sèche, avec des précipitations accusant leurs maxima en Novembre et en Avril; avec une petite saison sèche s’étendant de mi-mai à mi-août (soit 3 mois) et une inflexion de pluviosité entre décembre et février.

Hydrographie

Etabli sur la rive gauche de la rivière Lutshuadi (au confluent de celle-ci avec la rivière Kasaï) et est traversé par endroit par des nombreux affluents, dont les principaux sont: la Sankuru, la Lutshuadi, la Loange (ou Katembo), la Lumbundji, la Lubudi, la Ntumina, la Lubao et la Mputchia qui suivent pratiquement les différents talwegs du site pour être déversées dans le fleuve Congo. La rivière Kasaï relie le Territoire à la Capitale Kinshasa.

Végétation

Deux principaux types de végétation:

  1. Les Forêts (dense et claire), mésophiles semi caducifoliées subéquatoriales. Dans ces forêts, occupant les trois quarts du territoire, on trouve une variété d’essences, notamment les bois de menuiserie : bois rouge, bois noir, bois blanc d’une part et d’autre part, des bois de charpenterie et des bois de fer pour la construction de ponts et tunnels des mines à ciel ouvert.
  2. Les forêts (de savane) péri guinéennes ou « savane boisée ». La grande savane où l’élevage de bovins y est très pratiqué et convient pour une mécanisation agricole. On y trouve également des savanes boisées à sol très fertile entre la rivière Lutshuadi et la rivière Sankuru d’une part et d’autre part, entre la rivière Kasaï et la rivière Lutshuadi.

Sol

Prédominé par le sol sablonneux à contenu légèrement argileux avec les meilleurs gites agricoles essentiellement vivrières, localisées sur les pentes et dans les vallées.

Particularités et richesses du territoire

Particularités du territoire

Le territoire compte un nombre suffisant de rivières et autres types de cours d’eau ; il est proche avec la ville de Tshikapa, chef-lieu de la province, avec la province de Kwilu.  Il est également accessible par 4 voies : terrestre, ferrée, aérienne, fluviale et possède une Banque Centrale (BCC).

Toutes ces propriétés géostratégiques et infrastructurelles lui facilitent accès direct à la capital Kinshasa et à d’autres grandes villes du pays, favorisant ainsi des nombreuses initiatives surtout en termes d’échanges socioculturelles, socioéconomiques ; et enfin, les roches du type volcano-sédimentaires donnant lieu aux Kimberlites expliqueraient la présence du diamant, ce qui le distingue énormément de plusieurs autres territoires de la RD.Congo.

Particularités économiques

Prises en compte les particularités physiques ci haut énumérées, le territoire d’Ilebo offre des larges possibilités commerciales et entrepreneuriales dans l’agriculture, la pêche, agro-foreterie, artisanat, etc.

Richesses du territoire

  1. Un sol, qui offre des larges opportunités de relance et de développement agricole
  2. Un sous-sol à la formation volcano-sédimentaire; d’où la présence de quelques gisements de diamant
  3. Une hydrographie, parsemée de nombreux cours d’eaux offrant d’énormes possibilités d’investissement dans la pêche et la pisciculture
  4. Une végétation (forêts et savanes) : en grande partie dotée d’espèces favorables au développement de l’agroforesterie, de l’artisanat et de l’élevage intensif

Ces richesses sont presque inexploitées ; et si elles le sont dans une moindre mesure, c’est de façon non quantifiée.

Données culturelles

Organisation Politique

Le pouvoir traditionnel est détenu par le grand chef, et dont les descendants sont nommés de facto, chefs de groupements par lui-même. Au niveau des villages (localités), l’organisation politique n’est pas forcément liée à la condescendence, la nomination devient l’apanage de l’Etat.

Rites, initiations, croyance spirituelle, parenté et mariage

L’entrée des jeunes garçons dans la classe d’adultes implique pour eux une école de formation où ils sont des apprentis d’un certain nombre des principes moraux, sociaux (au moyen des contes, légendes, chansons, enseignements moraux et professionnels) pouvant guider leur vie adulte. La croyance en un Etre Suprême Transcendantal « Nzambi » et des génies comme dieux secondaires; et les considérations des ancêtres défunts comme intermédiaires entre Dieu, les génies et le monde est phénomène universel. Deux types de filiation se retrouvent dans le territoire d’Ilebo. La filiation matrilinéaire où  la hiérarchie s’articule autour de l’ancêtre féminin ; où les filles sont plus importantes, parce qu’elles contribuent énormément à l’accroissement de la famille; et la filiation patrilinéaire. L’union matrimoniale et la concrétisation du mariage passe par trois étapes importantes:  es fiançailles, la pré-dot et la dot (en nature ou en espèces) et l’acte de mariage qui est l’union légitime proprement dite (surtout sur le plan coutumier). Les mariages légitimes dans le territoire d’Ilebo sont rares. Les unions libres et/ou précoces y sont les plus rependues.

Langues parlées dans ce territoire
  1. Le Tshiluba (90%)
  2. Le Lingala (80%)
  3. Le Kikongo (70%)
  4. Le Swahili (40%

Le Tshiluba de la Lulua est la langue la plus usitée en territoire d’Ilebo. Le Lingala vient en deuxième position. Il est parlé autant par les Kasaïens que par des résidents en provenance d’autres provinces. Le Kikongo, est utilisé surtout dans les secteurs de Basongo, Mapangu, Sud Banga et par les ressortissants de la province voisine du Bandundu démembrée et enfin le Swahili fortement influencé par l’intonation katangaise est utilisé par les résidents en provenance de Lubumbashi, et aussi par une minorité provenue du Kasaï Oriental, du Maniema et du Kivu. Chacune de ces tribus présentes dans le territoire d’Ilebo a son dialecte, constituant sa langue vernaculaire.

Principales activités
  1. Agriculture (60%)
  2. Elevage (15%)
  3. Pêche (y compris les étangs piscicoles) (13%)
  4. Petit Commerce (10%)
  5. Artisanat (2%)

Plus de 60% de la population du territoire vit dans les villages de différents secteurs, avec comme activités principales: l’agriculture (dans les gites fertiles), l’élevage (Petit, moyen gros bétail) et la pêche dans les rivières nourricières; et comme activités secondaires la chasse (dans les fôrêts)+, le petit commerce (dans les grands et petits centres de négoce et même à domicile) et l’artisanat (Tissage, forgerie, ménuiserie, etc.). Et même les 39,5% de population de la cité sont des ménages vivant essentiellement des activités énumérées ci haut. Ces ménages et populations vivent dans une situation précaire et dans une pauvreté absolue, tant dans la cité d’Ilebo que dans les villages de secteurs; et malgré les potentialités économiques immenses offertes par le territoire. Ainsi, le rôle de la population dans le développement rural est fortement handicapé car, 80% de routes de desserte agricole sont dans un Etat de détérioration très avancée et sans entretien; à ceci s’ajoutent la surexploitation du sol (non respect de la jachère), les méthodes rudimentaires utilisées, le non entretien des champs et le non encadrement des agriculteurs par les organes et organismes appropriés. L’agriculture du territoire repose essentiellement sur les cultures vivrières, maraichères; pérennes et fruitières. A Mapangu, certains paysans traversent la rivière Kasaï, effectuant un voyage d’au moins 5 jours pour cultiver des champs dans les territoires voisins du Bandundu démembré. Tout ceci, couplé à l’absence des Kiosques Phytosanitaires et veterinaries; une faible capacité de négociation des prix au producteur, ce qui décourage énormément les paysans.