Mweka

Le territoire de Mweka est situé dans la province du Kasaï à l’angle formé par les rivières Kasaï et Sankuru. Il est crée par décret-loi n°82/59 du 16 juillet 1959 abrogeant celui n°14/36 du 18 mai 1936.

Il est limité:

  • au Nord : par le territoire de Dekese et Kole sur la rivière Sankuru,
  • au Sud : par le territoire de Luebo,
  • à l’Est : par le territoire de Demba et celui de Dimbelenge,
  • à l’Ouest : par le territoire d’Ilebo

 Subdivision administrative

Hormis le chef-lieu, le territoire de Mweka est subdivisé en deux entités décentralisées dont la chefferie Bakuba et la commune rurale de Mweka (appelée cité). Il était composé de cinq postes d’Etat qui viennent d’être supprimés par arrêté ministériel, dont :

  1. Kakenge
  2. Misumba
  3. Mushenge
  4. Domiongo
  5. Kampungu

Après suppression de ces derniers, il y a un vide qui ne permet pas le bon fonctionnement de certains services. Jusqu’à présent, le territoire de Mweka n’a pas de secteurs et communes rurales agréées à part les communes de Mweka et de Kakenge, qui malheureusement manquent des animateurs.

Le territoire comprend une seule chefferie appelée « chefferie Bakuba » dont le siège du grand chef se trouve à Mushenge (capitale du royaume Kuba). Avec 58 groupements au total, seuls 28 sont agrées et les autres sont des groupements des faits (donc, ne sont pas reconnus officiellement) pourtant existants.

L’attente de la population de Mweka est, vue l’étendue (la grandeur) du territoire, de voir la chefferie subdivisée en secteurs ou en commnes rurales pour permettre le rapprochement de la population aux administrés ainsi que la reconnaissance de la ville de Mweka pour son épanouissement.

Coordonnées géographiques

  • Latitude : le territoie est situé entre les parallèles 4° et 5° de latitude Sud et entre les méridiens centraux de 21°et 22° à l’Est.
  • Longitude : compris entre 19.6° et 25.5° de longitude Est.
  • Altitude : le territoire est établi sur le plateau d’une altitude moyenne allant de 450 à 600 mètres.

Climat

Selon la classification de Koppen, le territoire de Mweka est couvert d’un climat tropical humide avec alternance de deux saisons : la saison des pluies et sèche.

  • La saison sèche : commence de mi-mai à mi-août
  • La saison pluvieuse : est la plus longue, elle s’étend du mois d’août au mois de mai de l’année suivante.

La saison pluvieuse connait des très fortes averses et une chaleur quasi constante. On y enregistre en effet 160 jours des pluies avec une pluviométrie annuelle de 1300 à 1500 mm d’eau.

Le régime thermique affiche des températures très élevées en mi-journée et varie entre 25° et 31°C.

Tandis que l’un comme l’autre de ces éléments météorologiques restent bien repartis au cours de l’année en deux saisons : la saison des pluies et la saison sèche. Un des meilleurs climats favorables aux paysans qui font l’agriculture tropicale.

La saison des pluies s’étend sur une période de huit mois, tandis que la saison sèche s’échelonne sur quatre mois. A savoir chaque année en janvier, on connait une petite saison sèche d’environ quatre semaines. Les précipitations atteignent leur maximum au mois d’octobre avec une pluviosité supérieure à 1500 mm.

Hydrographie

Le territoire de Mweka est établi sur le plateau entaillé des profondes vallées situées en partie dans une partie de la forêt.

Ce plateau est chaîné par plusieurs cours d’eau de direction Sud-Est vers le Nord-Ouest, dont les plus importants sont :

  1. Lubudi
  2. Lutshuadi
  3. Luekedi
  4. Lwangala

Et d’autres qui font objet de frontière naturelle : le Sankuru (frontière avec le territoire de Dekese), le Kasaï (une partie avec le territoire de Luebo et d’Ilebo).

Ces cours d’eau forment un réseau hydrographique à pêche. Parmi eux, les plus poissonneux sont : le Sankuru et le Lubudi.

Les rivières Lutshuadi et le Sankuru se déversent dans la rivière Kasaï vers le territoire d’Ilebo.

Retenons que ces cours d’eau sont poissonneux et la pêche y est pratiquée.

On rencontre aussi plusieurs petits lacs poissonneux entre le village de Boshango et celui de Mwentshi.

Les plus importants sont :

  1. Butepongo
  2. Bikashi
  3. Sali-biek
  4. Kum-idih (chef des lacs)

Végétation

Le territoire de Mweka est couvert au Nord par la forêt dense sempervirente, c’est-à-dire un type de paysage de transition entre la forêt ombrophyle  et les savanes guinéennes au Sud.

Sa grande partie est comprise entre l’isohyète 1800 et l’isohyète 1600.

Une situation paradoxale se présente dans la zonation de la végétation du Nord au Sud ; au lieu que les zones végétales se calquent ou se succèdent selon la situation climatique du Nord du Kasaï (province) au Sud de Mweka. Cette zonation est inversée par les faits historiques qui justifient que le Nord de Mweka fut la partie jadis occupée par les Bakuba dans leurs migrations. Ce qui fait que cette partie subisse l’emprise de l’empreinte humaine par les activités agricoles.

Mais le Sud-Ouest à Lubanga présente un paysage des savanes dû au recul de la forêt secondaire à cause de l’utilisation excessive de cette partie du territoire par les faits agraires, notamment les plantations coloniales des hévéas et ses cultures itinérantes.

Le territoire de Mweka est situé dans sa grande partie dans la forêt tropophyle (qui n’aime pas la lumière) suivi des savanes dans le Nord-Est comme la cellule de Mushenge et celle de Misumba. L’aspect végétatif y est très varié parce qu’il est sous climat tropical humide.

Sol

Le territoire de Mweka a un sol sablo-argileux et humifère.

La structure du sol dans le territoire de Mweka, offre un terrain argilo-sablonneux dans la savane et argilo-sablonneux humide et humifère dans la forêt. C’est un sol riche en humus.

Particularités et richesses du territoire

Le territoire de Mweka est réputé par l’agriculture et l’art Kuba.

L’art Kuba est un métier rentable mais non organisé par manque des moyens. Nous y trouvons des artistes très talentueux qui sculptent les oeuvres d’art et tissent les tapis à l’aide de fil de raphia.

Ce dernier est axé sur :

  •  La sculpture des masques
  • La sculpture des statuettes
  • Le tissage des tapis traditionnels

Un autre élément particulier à signaler est que, c’est un territoire où existe jusqu’à ces jours le pouvoir royal.

Pouvoir traditionnel

Le pouvoir est détenu par le roi nommé grand chef, qui est assisté par sa famille, les notables et les chefs des groupements.

De son vivant, le roi gouverne la chefferie avec les notables et les chefs des groupements mais règne avec sa famille.

A son décès, il est succédé par un membre de sa famille le plus âgé de tous. Soit son petit frère, soit son neveu,… et non par ses propres enfants. C’est la famille royale qui le choisit et le peuple à son tour peut soit l’accepter ou le refuser.

Pour l’acquisition du pouvoir royal, seuls les membres de la famille du côté de la mère sont permis. Dans le royaume Kuba, le pouvoir traditionnel provient du côté de la mère car le système pratiqué dans le royaume Kuba est le matriarcat.

Signalons que la chefferie se trouve à Mushenge (capitale du royaume Kuba), où nous avons le siège du grand chef appelé Kwete Mbokaoshanga Jean-rené. Malheureusement étant malade depuis l’année 2007 jusqu’à ces jours et se trouve en Belgique pour des soins appropriés.

Richesse du terrritoire

La richesse du territoire de Mweka est basée en premier lieu sur les terres arables  que possède ce dernier du point de vue agricole. C’est un territoire qui possède des potentialités agricoles par son sol très fertile et riche en humus, permettant la bonne croissance des différentes cultures vivrières tant périodiques que pérennes.

Le sous-sol aussi renferme quelques minerais. Ces derniers sont jusque là non exploités. Nous pouvons citer entre autres : or, pétrole, fer…

Seul le diamant de luxe y est exploité mais artisanalement dans quelques villages (à Benasamba, Mwanyika,…).

Signalons que Mweka est un territoire agricole et non minier.

Données culturelles

Le territoire de Mweka a une seule grande tribu à savoir : le Kuba.

Cette dernière est composée des éthnies suivantes :

Kete, Bushongo, Bangende, Bapianga, Bangombe, Bashobwe, Batwa, Maluku, Bakele, Bambalaie, Lombelo, Lona, Kasuambambi, Kasua Mbengi, Bansueba, Batanda, Luembe, Mombo lona, Popolona luembe, Popolona Sud et Tshiofa.

Quelques caractéristiques pour certains peuples du territoire :

  • Les Batwa, sont considérés comme le premier peuple à occuper le territoire de Mweka. Ils sont spécialistes à la chasse et la cueillette. Ils n’avaient pas des lieux fixes parce qu’ils étaient nomades. On peut trouver certains le long de la rivière Lulua & Sankuru et dans d’autres villages par-ci par-là dans le territoire.
  • Les Kete, sont spécialistes en agriculture. On les retrouvait au Nord du territoire.
  • Les Showa, sont spécialistes en pêche. Ils vivent le long de la rive gauche de la rivière Sankuru.
  • Les Bushong, sont nombreux. Ce sont eux qui détiennent le pouvoir royal. Ils sont forts aussi en agriculture et surtout en art. On les retrouve au centre du royaume.
  • Les Ngende, sont spécialisés dans la culture du café.

Constat :  les noms souvent dominants du territoire sont : Bope, Kwete, Mikobi, Bushabu, Minga chez le sexe masculin ; Bawota, bulape, Mantshingi, Mbokashanga chez le sexe féminin. 

Proposition :  les habitants des Mweka peuvent être appelés « Mwekaciens et Mwekaciennes.

Système parental

Le système parental est le patriarcat. Seul le père est le chef de la famille. A sa mort, il est succédé par son fils.

Régime matrimonial

Dans le territoire de Mweka, c’est le régime commun des biens qui est appliqué. Tous ce que les époux possèdent avant, comme pendant le mariage, constituent un patrimoine commun. Bref, c’est le régime de la communauté universelle des biens qui est mis en place.

Habitudes culinaires

L’alimentation de base c’est la bouffe (foufou) à base du mélange de la farine de maïs et de manioc, accompagnée des feuillages de manioc  (du sombé).

Cette dernière est consommée par les 3/4 de la population ; 1/4 seulement y ajoute la viande domestique (porc, chèvre, volaille), viande sauvage (singe, sanglier, antilope,…), poisson, chenille,…

Habitudes vestimentaires

Comme partout ailleurs actuellement, la population de Mweka s’habille en style moderne (pantalon, chemise, jupe, pagne, costume, blouse,…).

Dans le cadre de manifestation coutumière (intronisation au pouvoir coutumier, mariage, accueil des différents chefs, autres fêtes, deuil,…), il y a des tenues appropriées de la coutume.

Les hommes portent le « mapela » (jupes), avec des ceintures décorées et couvertes des perles autour de la poitrine ; des chapeaux appelés « lukete ».

Nous avons plusieurs sortes de « mapela », dont : ndona koy, ituma, matuema, shokolo,…

Chez les femmes, nous avons les « ntshek  et tshiaka ». Dans le « ntshek », nous avons plusieurs sortes aussi: les »ishuep, kot,…

Les tenues de la danses sont : kambongo, bom (masque) chez les hommes, ngelemwashi, nopa,… chez les femmes.

Danse traditionnelle

Cette dernière est pratiquée pour honorer les grands événements du territoire, tels que : intronisation du pouvoir coutumier, mariage, arrivée des autorités, naissance d’un enfant, différentes fêtes, deuil,…

Les danses les plus connues sont : les « ikese, nkan,… »

Par exemple quand il y a deuil d’un chef Kete, lors de ses obsèques, la population danse le « tshilolongo ».

Le mariage

L’organisation des festivités de mariage se déroule dans le territoire de Mweka, normalement comme partout ailleurs sur toute l’étendue du pays. Sauf que la différence réside au niveau de la dot qui dépend surtout d’une coutume à une autre.

Dans le territoire de Mweka, pour prendre une fille en mariage, l’ancienne méthode consistait à donner d’abord le pré dot avant que la dot proprement dite ne puisse être remise.

La famille du garçon donnait la boisson traditionnelle (lotoko, lumayi-mayi) à la famille de la fille ; accompagnée d’autres biens comme : des chèvres (une ou deux ça dépend), costumes traditionnelles appelées « mapela » pour le père de la fille et le « tshiaka » pour la mère de la fille

La valeur de la dot ne pouvait même pas dépasser 50 000 CDF dans l’ancien temps. Parfois, on ne donnait rien pour prendre une fille en mariage dans le territoire de Mweka. Mais présentement avec la culture moderne, la famille du garçon donne comme biens, des caisses (bière & boisson gazeuse) mais aussi la boisson traditionnelle accompagnant les chèvres, bassins, pagnes, costumes, chaussures, lait en poudre (boite), sucre,… dont la valeur varie entre 100$, 300$ voire 500$ pour une famille aisée.

 

Langues parlées dans ce territoire
  1. Le Luba (85%)
  2. Le Kuba (75%)
  3. Le Lingala (50%)
  4. Le Swahili (20%)
  5. Le Kikongo (05%)

Mweka est un territoire dont le peuple d’origine est le Kuba. Mais avec la migration des différents peuples à la recherche toujours de l’amélioration de la vie, il y a eu arrivée massive d’autres peuples appelés « peuples flottants ».

Cependant, le territoire est devenu un milieu de préférence de plusieurs peuples provenant d’autres régions du pays.

Certains sont venus pendant les avènements de l’indépendance entre 1960-1965, expulsés de chez eux (province d’origine) à cause des multiples guerres à l’époque et ont trouvé que le territoire est favorable pour leur survie.

D’autres sont arrivés par des mutations du travail (agent SNCC, REGIDESO, SNEL, FARDC, PNC,..)

Leurs zones de provenance étaient très souvent Kananga, mbuji-mayi, Katanga,… Ces derniers parlaient différentes langues qui ont dominé le territoire de Mweka.  Certaines d’entre elles sont considérées actuellement comme étant des langues nationales. Nous pouvons citer entre autres : le tshiluba (Baluba), le swahili (Baswahili), le lingala (Bangala).

Mais aussi l’arrivée des Babindi, Bampende, Basongo, Batshioko, Bena konji, Lulua, Ndengese, Tetela. Avec ça, nous remarquons que :

  • Le Luba est le plus parlé dans le territoire. Sa fréquence est due par ce flux du peuple Luba dans cette zone et puis d’autres peuples ont emboité les pas en le parlant. Mais aussi, il est enseigné dans des écoles sur toute l’étendue du territoire comme le prévoit le programme national d’enseignement primaire, secondaire et initiation à la recherche scientifique.
  • En suite le Kuba, langue du peuple originaire du territoire.
  • Le lingala, parlé non seulement par les kinois ou les bangala mais aussi par toute personne qui en a une notion sans tenir compte des origines.
  • Le Swahili a pris de l’empleur petit à petit à partir des commerçants en provenance surtout de la province du katanga qui exercent leur activité commerciale à bord des trains, dont l’itinéraire est :  Lubumbashi-Kananga-Mweka-Ilebo.
  • Le kikongo est parlé mais très rarement.
Principales activités
  1. L’Agriculture (60%)
  2. Le petit commerce (20%)
  3. L’Elevage (15%)
  4. L’Art de Sculpture et de tissage des tapis traditionnels (3.5%)
  5. La pêche (1.5%)

Le territoire de Mweka contribue à l’essor économique du Kasaï grâce à son sol très riche. La production de maïs, manioc, arachide, huile de palme, café,… contribue bien à l’autoconsommation et  l’autofinancement de la vie socioéconomique de la population locale. Sachant surtout que la majeure partie de la population du territoire de Mweka ne vit que de l’agriculture. Mais la population est souvent découragée parce que cette dernière ne procure pas de bénéfice à sa satisfaction, car elle produit plus mais gagne moins.

Sur toute l’étendue du territoire de Mweka, c’est l’élevage extensif qui est en vogue des petits bétails et des volailles. Tels que moutons, chèvres, porcs, lapins, canards, poules,… La majorité de la population organise l’élevage dans leur clôture. Peu seulement a des fermes des petits bétails. Rare de trouver des éleveurs avec des gros bétails. L’élevage de gros bétails exige de gros moyens. Très peu d’éleveurs disposant des bêtes à Mushenge, M’bongo, Bulape, Pembeangu et Shangamboyo. Seul de petits bétails évolue progressivement mais en divagation par rapport aux vaches.

L’art Kuba est la principale activité rémunératrice des artistes. Les hommes sculptent les statuettes, tandis que les femmes tissent les tapis à base de fil de Raphia. La vente des œuvres d’art en tissus et bois constituent aussi une source de revenus pour un bon nombre de paysans. Le plus important se remarque dans la filature, le tissage, la sculpture, la forge, la broderie, le cordage, la vannerie,…

La pêche dans les régions riveraines se pratique sur les rivières Sankuru, Lulua, Lubudi, Luekedi, Kasaï, c’est ne pas permanent mais plutôt périodique. C’est une préoccupation commune des hommes et des femmes. Elle n’est pas pratiquée régulièrement dans le territoire. Elle se pratique du mois de Mai au mois d’Août. La production demeure insuffisante afin de couvrir le besoin de la population.  La pêche n’est pas industrialisée parce qu’il n’y a pas d’engins mécaniques tels que bateaux de pêche, des matériels modernes appropriés. Disons que c’est toujours la pêche traditionnelle et artisanale qui se pratique car les pêcheurs ne continuent qu’à utiliser des  pirogues, filets, nasses, ….